20 Juille 2007
Tintin en Irak! ( pdf band desineé )
Arretez la Busherie dans la
Maisson Blanche!
Philippe en Amérique: La guerre en Irak dans les rues de Washington
Samedi, je suis allé voir une manifestation de quelque
milliers d'Américains contre la guerre en Irak. C'était
le 17 mars à Washington, entre le Lincoln Memorial et le
Pentagone. J'ai vu des pacifistes convaincus,des étudiants
fougueux mais peu décidés,des nostalgiques hippies,
quelques "chrétiens" avec la larme à l'oeil,et beaucoup
d'Américains outrés par l'impression de s'être
faits avoir par Bush. Face à eux, une police totalement
mobilisée et des militants pro-guerre taillés à la
serpe qui ont fait pleuvoir les insultes. "Traitres" était
l'invective la plus courue. Les propos des deux côtés
étaient violents, mais personne n'en est venu aux mains. Aucun
homme (ou femme) politique célèbre ne s'est joint au
cortège.
Je suis resorti de cette manif avec l'impression que les rapports de
force ne sont pas encore en faveur des anti-guerre, car le chantage au
patriotisme fonctionne toujours.
11 septembre 2001 :
les Français en savaient long
LE
MONDE
| 16.04.07 | 11h08 • Mis à jour le 16.04.07 | 11h47
C'est une impressionnante masse de documents. De loin, on croirait une
thèse universitaire. De près, rien à
voir. Des
coups de tampons rouges "confidentiel-défense" et "usage
strictement national" sur chacune des pages. En haut à
gauche,
un logo bleu roi : celui de la DGSE, la Direction
générale des services extérieurs, les
services
secrets français. Au total, 328 pages
classifiées. Notes,
rapports, synthèses, cartes, graphiques, organigrammes,
photos
satellite. Le tout exclusivement consacré à
Al-Qaida, ses
chefs, sous-chefs, planques et camps d'entraînement. A ses
soutiens financiers aussi. Rien de moins que l'essentiel des rapports
de la DGSE rédigés entre juillet 2000 et octobre
2001.
Une véritable encyclopédie.
Au terme de plusieurs mois d'enquête sur cette documentation
très spéciale, nous prenons contact avec le
quartier
général de la DGSE. Et le 3 avril, l'actuel chef
de
cabinet, Emmanuel Renoult, nous reçoit sur place, dans
l'enceinte de la caserne des Tourelles à Paris.
Après
avoir parcouru les 328 pages que nous posons sur son bureau, il ne peut
s'empêcher de déplorer une telle fuite, tout en
nous
laissant entendre que ce paquet représente la
quasi-intégralité des productions de la DGSE sur
le sujet
pour cette période cruciale. En revanche, sur le fond,
impossible de lui soutirer le moindre commentaire. Trop sensible.
Il est vrai que ces chroniques des services secrets sur Al-Qaida, avec
leurs diverses révélations, soulèvent
quantité de questions. Et d'abord une surprise : le nombre
élevé de notes uniquement consacrées
aux menaces
d'Al-Qaida contre les Etats-Unis, des mois avant les attaques suicides
de New York et de Washington. Neuf rapports entiers sur le sujet entre
septembre 2000 et août 2001. Dont une note de
synthèse de
cinq pages, intitulée"Projet de détournement
d'avion par
des islamistes radicaux" , et marquée d'une date…
5
janvier 2001 ! Huit mois avant le 11-Septembre, la DGSE y rapporte les
discussions tactiques menées depuis le début de
l'année 2000 entre Oussama Ben Laden et ses
alliés
talibans, au sujet d'une opération de
détournement
d'avions de ligne américains.
http://www.avaaz.org/fr/
|
|
Joignez votre voix
à la nôtre pour demander au "président"
Bush de fermer
la prison de Guantánamo et de remettre en liberté
les 400 détenus ou
leur permettre de subir un procès. Les conseillers du
président sont
divisés sur la question et nous pouvons faire pencher la
balance du bon
côté.
À l'heure actuelle, près de 400 hommes sans
procès ni
accusations sont enfermés dans la prison de
Guantánamo. Cette prison
est le symbole et le centre des violations du président Bush
de la loi
internationale. Nous avons désormais
l'opportunité de faire fermer la
prison. Le secrétaire américain à la
Défense souhaite lui aussi la
fermeture de Guantánamo. Les conseillers du
président sont divisés sur
la question mais un soulèvement populaire mondial pourrait
faire
pencher la balance du bon côté. Signez la
pétition ci-dessous. Nous
allons la faire circuler dans les grands journaux américains
en y
inscrivant le nombre de signatures que nous aurons recueillies en
provenance des différents pays:
Agissez maintenant »
|

Vonnegut science friction
L'écrivain américain, mort à 84 ans,
avait créé son style: satirique, antimilitariste,
riche en aphorismes et en digressions.
QUOTIDIEN
: vendredi 13 avril 2007
http://www.liberation.fr/culture/247230.FR.php
Kurt
Vonnegut a terminé sa carrière
d'écrivain par un essai
mêlant anecdotes vécues et fiel sur
l'Amérique, en laquelle il ne
se reconnaissait plus. Il se décrivait comme Un
homme sans patrie (Denoël, 2006),
foncièrement anti-Bush
et révolté contre la guerre en Irak. «Au
cas où cela vous aurait échappé, nous
sommes désormais haïs
dans le monde entier, comme l'étaient jadis les
nazis.» Ce
dernier livre fit un best-seller aux Etats-Unis, avec 250 000
exemplaires vendus. Kurt Vonnegut, iconoclaste
désabusé (
«Je dirais n'importe quoi pour être
drôle, même dans les
situations les plus terribles» ), est
mort mercredi, à 84 ans,
de lésions cérébrales après
une chute au logis, à Manhattan. Sa
ville natale, Indianapolis, Indiana, avait
décrété 2007 «année
Vonnegut».
Cave. Kurt Vonnegut y est
né le 11 novembre 1922.
Etudiant en biochimie, il est envoyé au front en Europe en
1944.
Lors de la bataille des Ardennes, il est fait prisonnier
après être
passé derrière les lignes allemandes.
Envoyé dans une fabrique de
compléments vitaminés à Dresde, il se
trouve sous le déluge de feu
allié qui s'abat sur la ville, le 14 février
1945. «Le bombardement de Dresde n'explique
absolument rien sur
pourquoi j'écris ce que j'écris et suis qui je
suis», écrivait-il en 1981.
Confiné dans une cave de Dresde qui
servait d'abattoir, il fut l'un des rares survivants de cette
épreuve qui devait devenir, vingt-cinq ans plus tard, la
matière de
son oeuvre maîtresse, Abattoir 5.
Le
vétéran Billy Pilgrim,
arrêté par les Allemands, est envoyé
à
Dresde dont, comme son créateur, il réchappe. Ses
rêves et voyages
dans le temps le transportent notamment sur la planète
Tralfamadore. Charge pacifiste publiée à
l'épicentre de la guerre
du Vietnam, en 1969, et adapté par George Roy Hill en 1972, Abattoir
5 reste comme une contribution majeure au mouvement
contestataire des années 70. Après la guerre,
Kurt Vonnegut
travaille comme journaliste de faits divers à Chicago.
En
1947, il arrive à New York et se lance dans
l'écriture tout
en cumulant des petits boulots : chargé de relations
publiques de
General Electric ou commercial chez Saab. Ses premiers romans
relèvent ouvertement de la science-fiction. Ainsi de Player
Piano (
le Pianiste
déchaîné, 1952),
portrait ironique d'une société
divisée en trois classes (dont les machines et les «gens» ).
Suivent les Sirènes de Titan (1959),
où apparaissent les
Tralfamadoriens, extra-terrestres qui manipulent l'homme et le
minable écrivain de SF Kilgore Trout, dont on ne trouve les
écrits
que dans les sex-shops (P.J. Farmer imagina un roman sous ce
pseudo). Kurt Vonnegut étoffera ce personnage dans Breakfast
of Champions (1973), rencontre entre le fameux
Trout et un vendeur de voitures sur une planète que ses
habitants
s'obstinent à ravager (devinez laquelle).
Culte. Kurt Vonnegut, qui a
toujours refusé d'être
considéré comme écrivain de SF,
commence à trouver son style : un
imaginaire satirique, fait d'humour noir, d'antimilitarisme,
d'aphorismes (
«Qui d'autre qu'une épouse voudrait
coucher avec moi ?» ) et
de digressions. Il a publié une vingtaine de romans (dont Nuit
noire, R comme Rosewater, le Cri de l'engoulevent dans
Manhattan... ), des essais et nouvelles.
Ignorés d'abord par la
critique, ses livres sont devenus cultes, surtout
l'autobiographique et picaresque le Berceau du chat (1963).
Son personnage, Jonas, y rédige un
livre avec une curiosité maniaque pour ce qui a pu se passer
dans
le monde à l'instant où le champignon atomique se
formait au-dessus
d'Hiroshima.
La
vie de Kurt Vonnegut ne fut guère réjouissante :
suicide de
sa mère en 1944, disparition de sa soeur
cancéreuse (il adopta ses
trois enfants). Malgré le succès, il a
lutté contre la dépression
toute sa vie. En 1984, il tente de se suicider (médicaments
et
alcool), alors qu'il rédige Galapagos, récit
du fantôme d'un Viet-Vet de retour sur Terre
un million d'années après. Kurt Vonnegut
épousa en secondes noces
la photographe Jill Krementz, avec qui il vivait à Manhattan
dans
une maison coincée entre deux gratte-ciel. Dans ses
dernières
années, il signait des billets acides dans un magazine de
gauche de
Chicago, In These Times : «Je
considère que notre pays, dont j'ai défendu la
Constitution
dans une guerre juste, pourrait aussi bien être envahi par
les
martiens ou les voleurs de cadavres.»